6 décembre 2018

      1. Avignon : Gilets jaunes condamnés à la prison
      2. “Maintenant tous en grève !”
      3. De nombreux secteurs syndicaux rejoignent la mobilisation samedi
      4. “Bienvenue dans l’arrière-garde !”
      5. La fin de l’ “hégémonie culturelle” de gauche
      6. “Nous nous confronterons à tout contremaître”
      7. St Jean du Gard : littérature prolétarienne japonaise

1. Avignon : Gilets jaunes condamnés à la prison

Samedi 1er décembre à 15 h, 4 000 gilets jaunes sont rassemblés à Avignon
devant la Préfecture (caserne Chabran). A 15 h 05 le portail est enfoncé
et les gilets jaunes pénètrent dans le parc. Aux grenades lacrymogènes des
CRS répondent spontanément des jets de pierres. Le cortège des gilets
jaunes se dirige alors vers la mairie puis vers la résidence du Préfet
(place Viala, en haut de la rue de la République). La police bloque les
gilets jaunes, gazent et tirent des flash-balls. Plusieurs centaines de
gilets jaunes rejoint par d’autres avignonnais font bloc et pendant plus
de deux heures tentent de passer et jettent des projectiles sur la police.
Vers 19 h, des renfort de gendarmes mobiles venus de Nîmes dispersent tout
le monde. Plus tard, six personnes reconnus grâce à la vidéo-surveillance,
sont arrêtés dans la rue. Cinq majeurs ont été jugés en comparution
immédiate lundi 4 décembre après 48 h de garde à vue :

/ Le premier, 22 ans, animateur sportif au chômage, gilet jaune de
Remoulin venu à Avignon pour manifester, interpellé pour jets de
projectiles sur les forces de l’ordre et participation à un attroupement
après sommations de se disperser. Condamné à 18 mois de prison dont 9
fermes (avec mandat de dépôt).

/ Un maçon de 33 ans qui découvrant les événements décide de se joindre
aux affrontements et, équipée d’une raquette de tennis, envoie des pierres
sur la police. Condamné à 18 mois de prison dont 12 ferme (avec mandat de
dépôt).

/ Un retraité de la Poste de 59 ans, ancien syndicaliste, récemment opéré
d’un double cancer. Dès 15 h, devant la Préfecture, ce gilet jaune insulte
les CRS et tente de leur jeter dessus une grille d’égout. Alors que lui
dit être un « révolté » et un « pauvre désespéré » la juge ne voit en lui
que « pure méchanceté ». Condamné à 15 mois de prison dont 9 mois ferme.

/ Une mère au foyer de 23 ans, enceinte, gilet jaune sur le blocage
d’Avignon-Nord, accusée d’avoir mis le feu à un carton (qui s’est ensuite
propagé à une poubelle et par la suite a détruit une conduite de gaz).
Elle a demandé le report de son procès pour préparer sa défense ; le
procureur demande a ce qu’elle soit emprisonnée pour qu’elle ne puisse pas
retourner manifester en attendant son procès (le 21 décembre). Elle a été
placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir de chez elle.

/ Un intérimaire de 18 ans venus avec sa mère depuis Carpentras à la
manifestation des gilets jaunes. Il participe pendant deux heures aux
affrontements contre la police autour de la place Viala ; blessé lors de
son arrestation par la police (points de suture). N’a pas selon le
Procureur « l’excuse d’être bête ». Condamné à six mois de prison dont 3
mois ferme.

Pour qualifier les milliers de manifestants réunis devant la Préfecture à
15 h, le Procureur parle de la présence d’un « gros paquet d’abrutis ». La
juge parle de « guerre civile à moitié », et de « 200 excités qui ont
décidé de mettre la ville à feu et à sang ». Devant la tournure des débats
la juge est obligée de préciser que « le tribunal ne fait pas de
politique, ne fait jamais de politique »… Qui peut y croire ?

2. “Maintenant tous en grève !”

Le mouvement de révolte sociale des gilets jaunes s’amplifie. Les lycéens sont entrés dans la danse. Pour certains, l’heure est à la préparation du prochain samedi, en vue d’augmenter le niveau de confrontation avec le pouvoir. N’oublions pas que notre principale arme ne se trouve pas à décathlon ou monsieur bricolage : cette arme, c’est la grève.

Depuis toutes ces années, on attend qu’enfin ça pète : cette fois-ci, il en va de notre responsabilité. On le sait bien, les manifs défilé ne font pas peur au pouvoir. Mais si tu est prêt à prendre des risques le samedi, à faire obstacle, parfois de ton corps, sur les barrages, alors fais un pas en avant pour la lutte.

Lire la suite à http://www.19h17.info/2018/12/04/maintenant-tous-en-greve/

3. De nombreux secteurs syndicaux rejoignent la mobilisation samedi

Le mouvement syndical a été singulièrement absent de la mobilisation des gilets jaunes. Pourtant la présence de syndicalistes n’a fait que croître dans les manifestations. La journée du samedi 8 marque un cap puisque de nombreuses sections syndicales se joignent au mouvement : les hospitaliers, les territoriaux, les cheminots, le bâtiment, l’éducation…

Lire la suite à https://paris-luttes.info/de-nombreux-secteurs-syndicaux-d-11211

4. “Bienvenue dans l’arrière-garde !”

“Après l’effondrement des sociaux-démocrates signalé en France par l’élection de Macron, voici donc maintenant celui des communistes, (in)soumis, gauchistes, anarchistes, membres de l’« ultra-gauche » et autres professionnels de la lutte de classes ou porte-paroles radicaux chic : et une majorité d’entre eux, après avoir fait la fine bouche ou s’être pincé le nez, de courir désormais, défaits, à toutes jambes après le mouvement, avec leur groupuscules, syndicats, partis, interventions de presse et billets de blog. Bienvenue dans l’arrière-garde !”

Lire la suite à https://lundi.am/Contribution-a-la-rupture-en-cours

5. La fin de l’”hégémonie culturelle” de gauche

A la fin de la Seconde Guerre mondiale et pendant quelques dizaines d’années, une hégémonie culturelle de gauche a imprégné les luttes revendicatives, sur la base de l’antifascisme et de valeurs théoriques d’égalité et de justice sociale qui formaient un socle difficile à remettre en question ouvertement. Ces valeurs étaient plus ou moins vécues inconsciemment par la gauche (dont les libertaires) comme immortelles, alors que dans la réalité elles ont décliné dans la société tout entière depuis le milieu des années 1980, avec Mitterrand au pouvoir, sans qu’on s’en rende compte vraiment. On est passé d’une période où il suffisait de traiter quelqu’un au comportement douteux de « fasciste » pour qu’il se fasse petit, et disparaisse la queue entre les jambes, à des situations où le mot est à peine considéré comme une insulte ! Oublié, le fait que la « victoire » de 1945 s’est construite sur un imaginaire tout autant anti-allemand (nationaliste) qu’antifasciste. Oublié, que le compromis d’après-guerre entre syndicats et patronat autour des « acquis sociaux » a joué un rôle d’endormissement et fait croire que les valeurs « de gauche » étaient acquises pour toujours.

Le surgissement plus ou moins spontané d’une révolte sociale, du moins sans structure représentative apparente et sans histoire bien déterminée, offre un champ possible à des imaginaires idéologiques qui sont plus ou moins ouverts au départ, mais qui prendront des orientations qui dépendront d’une hégémonie culturelle plus large.

Lire la suite à http://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2155

6. “Nous nous confronterons à tout contremaître”

Nous voulons le réitérer — nous en avons discuté avec nos peuples : nous nous confronterons à tout contremaître, quel qu’il soit ; pas seulement celui qui propose une bonne administration et une répression correcte — autrement dit cette lutte contre la corruption et le plan de sécurité fondé sur l’impunité —, mais aussi ceux qui derrière des rêves avant-gardistes tentent d’imposer leur hégémonie et de nous homogénéiser.

Nous ne changerons pas notre histoire, notre douleur, notre rage, notre lutte pour le conformisme « progressiste » et sa marche derrière le leader. Il se peut que les autres l’oublient, mais nous, nous n’oublions pas que nous sommes zapatistes.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, sous-commandant insurgé Moisés, sous-commandant insurgé Galeano.

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7. St Jean du Gard : littérature prolétarienne japonaise

Vendredi 7 décembre à partir de 19 heures, La Lézarde, 66 Grande rue, St Jean du Gard. Littérature prolétarienne japonaise, de l’ère Meiji à l’ère Taisho. Présentation du contexte et lecture d’extraits de Le bateau-usine de Takiji KOBAYASHI et Le quartier sans soleil de Sunao TOKUNAGA. Venez plonger dans le Japon du début du XXè siècle. Suivi d’un repas partagé.

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